Référence bibliographique
Yuste Frías, J., Ferreiro Vázquez, Ó., & Schurster, K. (2026). Rotondas para-traducir la ciudad. En A. Quintairos Soliño (Ed.), Traducir el espacio, interpretar el movimiento: nuevas vías e intersecciones en los estudios de paratraducción, pp. 127–148. Madrid: Editorial Sínteses. ISBN: 978–84-1357–453‑0.
Langue de publication
español
Résumé
Ce chapitre propose une approche de l’espace urbain à partir de la notion de paratraduction, entendue comme un outil permettant d’analyser les éléments paratextuels qui configurent la ville au-delà des limites traditionnelles de la traduction. Dans cette perspective, on examine comment certains dispositifs urbains, habituellement considérés comme purement fonctionnels, peuvent devenir des espaces de production symbolique et culturelle.
Le rond-point se présente comme un cas paradigmatique de l’espace paratraduisible dans la ville contemporaine. Loin d’être uniquement une infrastructure d’organisation du trafic, le rond-point apparaît comme un lieu anthropologique, susceptible de recevoir des significations collectives et d’agir comme support de l’identité urbaine. L’intégration de sculptures, de monuments ou d’installations artistiques en son centre active des processus d’appropriation symbolique de l’espace public, généralement impulsés par des instances institutionnelles, qui transforment ces enclaves en lieux de mémoire, de patrimoine et de récit citoyen.
Du point de vue formel et fonctionnel, le rond-point fonctionne comme une île symbolique : un espace central, visible et délimité, qui concentre une valeur culturelle ajoutée au cœur du flux circulatoire de la ville. Sa configuration renforce sa condition de centre ritualisé, comparable aux notions d’espace sacré ou de lieu d’élection et de paix au sein du mouvement continu de l’environnement urbain.
L’étude du cas du quartier de Coia à Vigo montre que ces interventions ne sont pas exemptes de conflits d’interprétation et de légitimation, révélant des tensions entre l’institutionnalisation du sens et les lectures citoyennes de l’espace. La paratraduction du paysage urbain apparaît ainsi comme un processus dynamique, traversé par des négociations d’identité, de mémoire et de pouvoir. Les éléments paratextuels de l’espace urbain — et en particulier les ronds-points aménagés — génèrent des microcosmes de signification qui traduisent l’identité locale sous des formes visibles et lisibles. La paratraduction se consolide ainsi comme une voie pour lire, interpréter et réécrire la ville, en offrant de nouveaux outils critiques pour comprendre le paysage urbain contemporain.